
Même pistolet, même billes, deux bouteilles de gaz différentes, et le chrono affiche 40 fps d'écart. C'est la scène qui fait comprendre au nouveau propriétaire d'une réplique à gaz que le gaz n'est pas un détail. Il fixe la puissance, il décide si la réplique fonctionne encore en novembre, et le mauvais choix finit par casser une culasse ou un joint. Le point sur ce qu'on trouve en boutique, et ce qu'on met où.
Comment un gaz pousse une bille
Les gaz airsoft courants sont des gaz liquéfiés : dans la bouteille et dans le chargeur, ils sont en partie liquides, et c'est la vapeur au-dessus du liquide qui pousse la bille. Sa pression ne dépend pas de la quantité restante, elle dépend du gaz lui-même et de la température. Un gaz « fort » est simplement un gaz dont la vapeur pousse plus fort à 20 °C.
Deux conséquences pratiques. La puissance d'une réplique à gaz change avec le gaz utilisé, donc on la chronomètre avec le gaz qu'on mettra sur le terrain. Et elle baisse dès qu'il fait frais, ce qui fait du gaz le point faible des répliques GBB en hiver.
Les gaz basse pression
Vendus sous des noms variés selon les marques, ce sont des gaz à base de fluorocarbures, qui poussent moins fort que le green gas. Ils conviennent aux répliques fragiles, aux culasses en plastique, aux vieux modèles, ou aux pistolets qu'on veut faire tourner sous les seuils d'un CQB strict.
Leur défaut se voit dès que la température tombe : en dessous de 20 °C, le recul devient mou et la puissance chute vite. C'est un gaz d'été et d'intérieur.
Le green gas, le standard
Le green gas est le gaz par défaut des pistolets GBB et de beaucoup de GBBR. C'est surtout du propane, auquel les fabricants ajoutent du silicone pour lubrifier les joints à chaque remplissage. Pression moyenne, recul net, et une puissance qui reste dans les seuils habituels des terrains sur la plupart des répliques d'origine.
Les gaz plus forts, souvent vendus en bouteilles rouges ou noires, poussent plus encore. Ils réveillent une réplique un peu molle ou compensent le froid, mais ils fatiguent la culasse, le guide-ressort et les joints. Sur un pistolet à culasse métal prévu pour, ça passe. Sur une culasse en plastique, c'est un pari perdu d'avance.
Le propane avec adaptateur
Puisque le green gas est surtout du propane, beaucoup de joueurs remplissent leurs chargeurs directement depuis une bouteille de propane de camping, avec un adaptateur vissé dessus. Le coût au remplissage baisse nettement.
La différence tient au silicone. Le propane de camping n'en contient pas, il faut donc lubrifier soi-même : adaptateur à réservoir d'huile silicone, ou une goutte de silicone dans la valve du chargeur tous les quelques remplissages. Sans ça, les joints sèchent et finissent par fuir. Le geste fait partie de l'entretien d'un pistolet GBB.
Le CO2
Le CO2 n'est pas un gaz « plus fort » à verser dans n'importe quel chargeur. Il s'utilise en capsules de 12 g, dans des répliques et des chargeurs conçus pour lui, et nulle part ailleurs. Sa pression est bien supérieure à celle du green gas, et c'est sa force : il tient mieux au froid et donne un recul sec.
Il a ses inconvénients. Une capsule percée se vide en quelques dizaines de tirs et ne se récupère pas, la puissance peut dépasser les seuils CQB, et le recul brutal use la mécanique. On le croise surtout sur des pistolets et revolvers de loisir, et sur certains fusils à pompe.
Le HPA, à part
Le HPA (air comprimé à haute pression) ne fait pas partie de la même famille : une bouteille d'air comprimé reliée à la réplique par un tuyau, avec un régulateur qui fixe la pression. Il ne dépend pas de la température et se règle au psi près. C'est une autre logique de jeu et d'investissement, qui a son propre article en fin de page.
Récapitulatif
| Gaz | Pression | Au froid | Pour quelles répliques |
|---|---|---|---|
| Basse pression | Faible | Mauvais dès 20 °C | Répliques fragiles, plastique, intérieur |
| Green gas | Moyenne | Faiblit sous 10 à 15 °C | La plupart des GBB et GBBR |
| Gaz forts (rouge, noir) | Élevée | Un peu mieux | Culasses métal prévues pour |
| Propane + adaptateur | Proche du green gas | Comme le green gas | Comme le green gas, avec silicone |
| CO2 (capsules 12 g) | Très élevée | Bon | Uniquement répliques et chargeurs CO2 |
Le froid, encore et toujours
Un chargeur de pistolet refroidit à chaque tir, parce que le gaz qui se vaporise absorbe de la chaleur. En plein été, ça ne se voit pas. En novembre, le troisième chargeur de suite tire nettement plus mou que le premier. Les parades classiques (chargeurs gardés dans une poche contre soi, gaz plus fort, rotation des chargeurs) sont détaillées dans jouer à l'airsoft en automne et en hiver.
Sécurité et transport
Le green gas et le propane sont inflammables. Une bouteille ne reste pas dans une voiture en plein soleil, ne se perce pas, et ne se remplit pas près d'une flamme ou d'une cigarette. On remplit un chargeur valve vers le haut, bouteille tête en bas, par pressions courtes, jamais en forçant au-delà de ce que le chargeur accepte. Les règles pour voyager avec des bouteilles de gaz, notamment en train et en avion, sont dans transporter sa réplique airsoft.
Avant de partir jouer, un dernier réflexe : passez au chrono avec le gaz du jour. Une réplique conforme au green gas en septembre peut dépasser le seuil CQB avec un gaz fort, et l'organisateur ne vous demandera pas quelle bouteille vous avez achetée. La méthode est expliquée dans chrono airsoft.
Pour choisir la réplique elle-même, le guide du pistolet GBB airsoft et celui du GBBR, listé plus bas, prennent le relais.
Articles connexes
- Pistolet GBB airsoft : guide complet
- GBBR : le fusil à gaz blowback
- Entretenir un pistolet GBB
- Jouer en automne et en hiver
- Le HPA en airsoft
- Transporter sa réplique airsoft
- Chrono airsoft
- Fusil à pompe airsoft
Questions fréquentes
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Quel gaz utiliser pour un pistolet GBB airsoft ?
Le green gas est le choix par défaut pour la grande majorité des pistolets GBB : pression moyenne, bon recul, et une puissance qui reste dans les seuils des terrains. Un gaz basse pression convient aux répliques fragiles ou en plastique, un gaz plus fort risque d'abîmer la culasse. Le CO2 ne s'utilise qu'avec un chargeur conçu pour des capsules.
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Peut-on utiliser du propane à la place du green gas ?
Oui, avec un adaptateur qui se visse sur une bouteille de propane de camping. Le green gas est surtout du propane additionné de silicone : il faut donc lubrifier soi-même, avec un adaptateur à réservoir d'huile ou quelques gouttes de silicone dans le chargeur. Moins cher à l'usage, mais demande plus de rigueur.
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Le CO2 est-il meilleur que le green gas ?
Il est plus stable au froid et plus puissant, mais il ne se met que dans des répliques prévues pour lui, avec des chargeurs à capsule de 12 g. Mettre du CO2 dans un chargeur green gas, ou l'inverse, n'est pas possible et serait dangereux pour la réplique.
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Pourquoi ma réplique à gaz perd-elle de la puissance en hiver ?
La pression d'un gaz liquéfié dépend de la température. Sous 10 à 15 °C, le green gas perd une bonne part de sa pression, et un chargeur refroidit encore à chaque tir. Résultat : moins de puissance, un recul mou, parfois des culasses qui ne reviennent plus. Le CO2 et le HPA résistent mieux au froid.